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Collecte de connaissances traditionnelles autochtones sur les espèces marines en péril

Objectifs du projet 
Le principal but du projet est de colliger des connaissances traditionnelles autochtones auprès de collectivités situées aux abords de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent sur différentes espèces marines en péril. Ces informations sont cruciales pour découvrir quelles espèces sauvages peuvent être en péril, pour mieux connaître celles qui le sont déjà et pour l’élaboration et la mise en œuvre des mesures de rétablissement.

Description

En 2007-2008, l'Agence Mamu Innu Kaikusseth, le Réseau d'observation de mammifères marins et Amphibia-Nature ont conjointement réalisé un projet de collecte de connaissances autochtones sur diverses espèces marines en péril ou d'intérêt du Saint-Laurent (mammifères marins, poissons et tortue luth). L'étude exploratoire avait pour principal objectif de récolter des informations auprès de collectivités situées aux abords de l'estuaire et du golfe du Saint-Laurent sur les grandes tendances dans la répartition et l'abondance des espèces ciblées, de même que sur les facteurs pouvant affecter les changements observés dans le temps. Pour ce faire, sept communautés innues de la Côte-Nord (Essipit, Pessamit, Uashat mak Mani-Utenam, Ekuanitshit, Nutashkuan, Unamen Shipu et Pakua Shipi) et une communauté micmaque en Gaspésie (Gespeg) ont été visitées. Les visites se sont déroulées du 4 septembre au 1er novembre 2007 avec l'autorisation préalable des Conseils de bande et des personnes interrogées. Au total, 43 personnes ont été rencontrées avec un minimum de cinq répondants par communauté. Les données ont été récoltées sous forme d'entrevues semi-dirigées. Deux catégories de personnes ont été questionnées, soit les aînés des communautés (55 ans et plus) afin de décrire les changements observés dans le temps et les pêcheurs actifs (entre 18 et 55 ans) pour décrire les problématiques actuelles. De plus, dans le but d'encourager la transmission du savoir autochtone vers les générations futures, les recommandations des autochtones ont été systématiquement récoltées, enregistrées et archivées au sein de chacune des communautés. Par le biais de cette étude, il a été possible de récolter des connaissances passées et actuelles, parfois inédites, pour plusieurs des espèces marines ciblées qui pourront éventuellement être incorporées en science. Les espèces davantage connues l'étaient soit en raison de l'usage qui en est fait (ex. : anguille d'Amérique, capelan, morue franche, phoque commun), de leurs caractéristiques ou comportements particuliers (ex. : béluga, épaulard, morse, ours blanc) ou encore de leur aspect mythique (ex. : tortue luth). Puisque les activités de pêche traditionnelle des communautés visitées étaient surtout concentrées près des rives, particulièrement chez les Innus, il a été possible d'amasser des informations plus précises sur les espèces côtières comparativement aux espèces présentes plus au large. Les réponses reçues aux questions posées sur les échouages et les prises accidentelles d'espèces marines en péril ont permis de constater que la majorité des pêcheurs actuels connaissent bien les comportements adéquats à adopter dans de telles situations. Les lacunes qui sont ressorties quant à l'identification de certains mammifères marins, requins et poissons ouvrent la porte vers la création d'outils d'identification destinés aux pêcheurs actuels.

 
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